Porte du Non-Retour Ouidah · 8 min
La route des Esclaves et la Porte du Non-Retour, à Ouidah
À Ouidah, une route de quelques kilomètres relie l’ancienne place des enchères à la plage. C’est le chemin qu’empruntaient les captifs vendus vers les Amériques. Au bout se dresse la Porte du Non-Retour, mémorial élevé en 1995 face à l’océan.
Ouidah a été, pendant près de deux siècles, l’un des principaux ports de la traite atlantique. Des centaines de milliers de personnes en sont parties. La ville n’a pas effacé cette histoire : elle l’a matérialisée sous la forme d’un parcours qu’on peut faire à pied ou en voiture, de la ville jusqu’à la mer, et qui suit le trajet réel des captifs.
Ce n’est pas une visite comme les autres, et il vaut mieux le savoir en arrivant. Le parcours n’est pas spectaculaire. Il est sobre, jalonné de statues et de mémoriaux, et l’essentiel se joue dans ce qu’on vous raconte à chaque arrêt.
Quelles sont les étapes de la route des Esclaves ?
Le parcours commence en ville, sur l’ancienne place où se tenaient les enchères, et descend vers la plage. Plusieurs stations le jalonnent. Deux d’entre elles concentrent la charge du lieu.
- L’arbre de l’Oubli : les captifs devaient en faire le tour, un nombre de fois prescrit, afin — disait-on — d’oublier leur nom, leur famille et leur terre
- La case de Zomaï, où les captifs étaient enfermés dans l’obscurité plusieurs semaines, pour les préparer à l’entrepont des navires
- La fosse commune, où étaient enterrés ceux qui ne survivaient pas à cette attente
- L’arbre du Retour : les captifs en faisaient le tour pour que leur esprit, lui, puisse revenir
- La Porte du Non-Retour, sur le sable, à l’endroit de l’embarquement

Que représente le monument lui-même ?
La Porte du Non-Retour est une arche de béton élevée en 1995, dans le cadre du projet « La Route de l’esclave » porté par l’UNESCO. Elle est ornée de bas-reliefs et surmontée d’une double file de personnages tournés vers la mer, qui figurent la colonne des captifs marchant vers les navires. On la traverse à pied, et de l’autre côté il n’y a que la plage et l’Atlantique.
Combien de temps prévoir, et avec qui ?
Comptez une demi-journée pour le parcours complet, en prenant le temps de s’arrêter. Il se fait très bien à pied sur la dernière partie, ce qui change la nature de la visite : la distance cesse d’être une abstraction.
Un accompagnement change tout, ici plus qu’ailleurs. Les stations sont peu signalées et le parcours peut se réduire à une succession de statues si personne ne raconte ce qui s’y est passé. C’est un sujet où l’on tient à ce que ce soit une voix locale qui parle.
Que voir d’autre à Ouidah ?
Ouidah est aussi une ville vodun majeure, et les deux histoires se croisent en permanence. Le temple des Pythons, la forêt sacrée de Kpassè et l’ancien fort portugais devenu musée d’histoire se visitent dans la même journée que la route des Esclaves. Chaque 10 janvier, la ville accueille les Vodun Days, jour férié national au Bénin.
Questions fréquentes
Sur la plage de Ouidah, au Bénin, au bout de la route des Esclaves qui descend depuis le centre de la ville. Ouidah se trouve sur la côte, à l’ouest de Cotonou, et se rejoint facilement dans la journée depuis la capitale économique.
Elle peut l’être, et c’est normal. Le parcours n’est pas physiquement difficile, mais ce qui s’y raconte l’est. Nous ne le programmons jamais juste avant une soirée festive, et nous laissons du temps après, parce que beaucoup de voyageurs en ont besoin.
Oui, en tout ou en partie. Beaucoup de voyageurs font la dernière section à pied jusqu’à la plage. C’est ce que nous conseillons : parcourir la distance physiquement change la manière dont on la comprend.
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